SEA Plastics : cap sur la Méditerranée pour la 10ᵉ expédition
15 avril 2026D’avril à juillet 2026, Joanne, étudiante à AgroParisTech en année de césure, prend part à la 10ᵉ expédition de l’association SEA Plastics. Entourée de Cassie, Mathilde, Marion et Léna, étudiantes à Centrale Lyon, l’Université des Antilles, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes ou l’Institut Agro Montpellier, elles vont passer quatre mois à bord d’un voilier pour collecter des données scientifiques sur la pollution plastique et sensibiliser les populations locales. Rencontre avec une équipe prête à tout pour nos océans.
Pouvez-vous nous parler du projet SEA Plastics ? Quel est son but et ses missions ?
Joanne Etchanchu : SEA Plastics, c’est le SEA de Simon, Ernest et Aymeric, trois étudiants d’AgroParisTech qui ont eu une idée un peu folle il y a dix ans : s’engager contre la pollution plastique en Méditerranée, en rénovant un bateau acheté par l’association. Les premières équipes ont souhaité tester des protocoles pour des scientifiques, sensibiliser dans les ports et les écoles, et avec le temps le projet s’est concrétisé pour lutter efficacement contre cette pollution. Depuis, le navire de SEA Plastics a été vendu, mais chaque année, 4 à 5 étudiants partent en expédition pendant le printemps et l’été, généralement pendant leur année de césure avant leur dernière année à l’école.
Cette année, c’est la dixième expédition : nous allons passer 4 mois en Méditerranée, notamment sur les côtes françaises, espagnoles et italiennes. Lors de nos journées de navigation, nous faisons des prélèvements, au service de l’étude scientifique de la pollution plastique. Lors de nos escales, nous allons dans les écoles et associations locales pour sensibiliser le public sur les enjeux de la pollution plastique et les gestes à adopter pour en endiguer le flot.
Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous engager dans cette aventure avec SEA Plastics ?
Joanne Etchanchu : La pollution plastique est un problème à la fois visible et invisible. Il suffit de passer un peu de temps en mer pour le constater. Ayant moi-même grandi proche des milieux marins, la préservation de nos océans est un sujet qui me tient à cœur. Je trouve également que la double mission de SEA Plastics est particulièrement intéressante comme approche au problème de la pollution et pouvoir vivre mon engagement sur un voilier est une chance extraordinaire pour moi !
Comment vous préparez-vous à cette expédition ? Comment va-t-elle se dérouler ?
Joanne Etchanchu :Notre équipage s’est formé l’été dernier, et depuis une véritable organisation s’est mise en place. Chaque année, la nouvelle équipe doit trouver un bateau, les partenaires scientifiques, des financements, l’itinéraire, le skipper qui nous accompagnera pendant notre mission, les écoles dans lesquelles nous souhaitons intervenir et bien d’autres aspects. Nous ne partons pas de zéro, mais presque. Cette année nous partons début avril du Cap d’Agde, pour un retour le 31 juillet à Saint-Raphaël. Notre expédition se découpe en deux parties, notre premier bateau n’étant pas disponible pour les deux mois de l’été. D’abord à bord du Tarpon, le long des côtes françaises et espagnoles, puis à bord de l’Aotearoa en direction des côtes Italiennes, Corses et Sardes.
En tant qu'étudiantes venant de formations et établissements différents, qu'espérez-vous apporter personnellement au projet ?
Marion Durand : Avec nos formations variées (ingénierie, agronomie, écologie), on apporte au projet des regards complémentaires pour aborder la pollution plastique. Moi, en tant qu’écologue, je peux contribuer à observer et comprendre les impacts des plastiques sur les écosystèmes marins et terrestres, tout en partageant cette vision avec le public. Notre force, c’est cette diversité : chaque discipline permet de mieux comprendre les enjeux et de sensibiliser différemment. Par exemple, expliquer les conséquences des microplastiques sur la biodiversité ou proposer des solutions techniques pour réduire leur impact. Ensemble, on peut rendre le projet plus complet et plus accessible à tous.
Avez-vous des appréhensions particulières avant le départ ?
Joanne Etchanchu : Il paraît que le mal de mer est inévitable quand on passe autant de temps sur un voilier. Je n’ai pas habituellement mais j’espère être épargnée pendant les mois à venir !
Léna Clochard : Je dirais comme Joanne, le mal de mer, mais pour le moment j’ai hâte qu’on parte et que l’aventure que l’on prépare depuis plus de 8 mois se concrétise ! Il y aura sûrement des moments plus difficiles que d’autres sur le bateau mais nous verrons ça le moment venu !
Mathilde Le Dizès : Quatre mois sur un voilier avec un planning bien chargé, ça va être intense ! Il y aura sûrement un peu de fatigue et des petits moments plus compliqués, mais on est une super équipe et on saura gérer ça. Franchement, j’ai surtout hâte que ça commence !
Un dernier mot pour les étudiantes et étudiants qui hésitent à se lancer ?
Marion Durand : Se lancer dans un projet associatif en tant qu’étudiant peut faire peur, par manque de temps, par la nécessité de s’engager… Mais l’enrichissement, l’apprentissage et le partage autour de cette expérience valent nettement le coup ! Travailler avec d’autres jeunes passionnés renforce la motivation et permet d’apprendre ensemble à monter un projet de A à Z. Avec SEA Plastics, ce projet nous permet de mettre un (grand) pied dans le milieu de la recherche et de la médiation scientifique, c’est très précieux ! Mais surtout partir en voilier à la rencontre d’écoles, d’organisations et d’associations permet de créer un grand réseau autour d’une thématique qui nous tient à cœur.
Un appel à soutien
Pour financer cette expédition d’intérêt général, l’équipe SEA Plastics 2026 a besoin de votre aide. Chaque contribution permet de couvrir les frais de navigation, de matériel scientifique et d’intervention pédagogique. En soutenant SEA Plastics, vous investissez directement dans la science participative et dans l’éducation environnementale auprès des jeunes générations méditerranéennes.