Clim’Ag’Rica : trois étudiants partent documenter l'adaptation agricole au Costa Rica
02 avril 2026À partir du mardi 7 avril et pour une durée de trois mois, Alexis, Solène et Agathe, étudiants en agronomie et agroalimentaire à AgroParisTech en année de césure, s’envolent pour le Costa Rica dans le cadre du projet Clim’Ag’Rica avec l’association étudiante Clim’Adapt. Leur mission : documenter sur le terrain les pratiques agricoles d’adaptation au changement climatique, des petits producteurs de café aux coopératives d’ananas et de bananes. Soutenus par la Fondation AgroParisTech et en collaboration avec des chercheurs du CIRAD, ils produiront un film documentaire, des articles et des outils de sensibilisation pour montrer qu’il est encore temps d’agir. Rencontre avec cette équipe étudiante.
Vous partez 3 mois au Costa Rica pour documenter des projets agricoles face au changement climatique. Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire ce projet de césure ?
A.G. : Nous voulions tous les trois mettre notre année de césure à profit pour aller sur le terrain et contribuer, à notre échelle, à proposer des solutions concrètes face au changement climatique. Aujourd’hui, on ne peut plus nier le changement climatique. Ce constat est effrayant et plutôt que de rester paralysés devant celui-ci, partagé par 70 % des 16-25 ans qui se déclarent très inquiets (The Lancet Planetary Health, 2021), nous avons choisi de construire un projet porteur d’espoir. Notre objectif est de montrer qu’il est possible de s’adapter à ces nouvelles conditions climatiques en documentant les pratiques de celles et ceux qui le font déjà. Ce projet combine ce qui nous rassemble : un intérêt commun pour l’agriculture durable, la volonté de contribuer à des solutions concrètes et une forte ouverture sur le monde.
Pourquoi le Costa Rica, et pourquoi l'agriculture comme thème central ? Qu'est-ce que ce pays a de particulier en matière d'adaptation climatique agricole ?
S.A. : Le Costa Rica est souvent perçu comme un pionnier de la préservation de l’environnement : 26 % du territoire est couvert par des parcs nationaux, l’électricité provient à 99 % de sources renouvelables et des campagnes de reforestation sont menées depuis les années 90. Mais sur le volet agricole, la réalité est plus contrastée : monocultures étendues, usage élevé de pesticides… C’est cette ambivalence que nous voulons explorer. Premier exportateur mondial d’ananas et quatrième de bananes, le Costa Rica est aussi l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique. Il fait partie du V20 (liste des 20 pays les plus vulnérables au changement climatique), fait face à des inondations et sécheresses croissantes, baisses de rendement des cultures de café. Ce contexte rend l’étude des projets d’adaptation particulièrement pertinente et urgente.
Vous allez rencontrer des acteurs très variés — du PNUD aux agriculteurs en passant par l'AFD et le CIRAD. Comment allez-vous articuler tous ces regards pour construire quelque chose de cohérent ?
S.A. : En allant à la rencontre d’une grande diversité d’acteurs, à tous les niveaux des filières et jusqu’à l’échelle politique, notre objectif est d’apporter des regards complémentaires sur des sujets communs. Des organisations comme les ministères ou le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) définissent des orientations à l’échelle nationale, adaptées localement par les instituts techniques et les chercheurs, qui jouent aussi un rôle clé dans la remontée d’informations du terrain, et financées par des structures comme l’Agence française de développement (AFD). Les coopératives et les agriculteurs, eux, sont en première ligne. Même si ces acteurs peuvent sembler travailler sur des thématiques distinctes, en réalité toutes les briques du système sont interconnectées. En tant que futurs ingénieurs, croiser ces points de vue pour avoir une vision systémique est au cœur de notre démarche. Certaines problématiques, comme la gestion de l’eau ou des ravageurs, illustrent particulièrement cette transversalité : les différents acteurs convergeront très probablement sur ces sujets, mettant en lumière les points les plus critiques sur lesquels concentrer les efforts d’adaptation.
Vous travaillez avec des chercheurs du CIRAD tout en préparant un film documentaire, des newsletters et des fresques du climat pour des enfants. Comment fait-on coexister rigueur scientifique et accessibilité au grand public ?
A.G. : C’est précisément pourquoi nous utilisons des supports différents. Nous collaborons avec des chercheurs du CIRAD pour mener des enquêtes auprès de producteurs et produire de la documentation rigoureuse sur les filières. Le film documentaire a lui une vocation de vulgarisation : rendre accessibles des sujets complexes en s’appuyant sur des produits que chacun consomme au quotidien : ananas, bananes, café, cacao. En complément, nous détaillerons chaque projet rencontré via un article disponible sur notre site internet, avec une vocation plus scientifique et technique. Enfin, nous animons des ateliers de la Fresque du Climat, un outil de sensibilisation déjà utilisé par plus de 2,3 millions de personnes dans le monde, que nous avons notamment testé avec une classe de CM2 et qui fut une réelle réussite !
Un appel au soutien
Pour mener à bien ce projet de terrain, Alexis, Solène et Agathe font appel à la générosité de la communauté AgroParisTech et au-delà par le biais d’une cagnotte défiscalisée. Votre soutien financier leur permettra de réaliser ce projet au service de la transition agricole et de la lutte contre le changement climatique.
Vous pouvez également suivre leur aventure sur les réseaux sociaux de Clim’Adapt (LinkedIn, Instagram, Facebook).