Des futurs chiens d'assistance à AgroParisTech
07 octobre 2026Sur le campus Agro Paris-Saclay, il est possible de croiser un chien avec une cape bleue. Alpine, Asta et Bounty, accueillies par des personnels du campus, sont en formation pour devenir chiennes d’assistance avec l’association Handi’chiens. Rencontre avec Marie, Carole et Anne, leur famille d’accueil.
Pouvez-vous vous présenter ?
Marie Martin : Je travaille à AgroParisTech en tant que chargée d’ingénierie de formation. Depuis peu, je suis également famille d’accueil pour Bounty, une jeune golden retriever en formation pour devenir chien d’assistance.
Carole Descheerder : Je suis actuellement en thèse à INRAE. J’accueille Alpine depuis maintenant près de 10 mois. Nous avons déjà fait plus de la moitié du chemin ensemble avant la fin de sa formation.
Anne Cazor : Je suis la fondatrice de Scinnov, un laboratoire de recherche et développement basé à AgroParisTech. C’est la deuxième fois que je suis famille d’accueil, et j’accueille Asta depuis 8 mois.
Qu'est-ce qui vous a motivées à devenir famille d'accueil ?
Carole Descheerder : C’est un projet que j’ai depuis toute petite. Le statut légal des chiens d’assistance me permet d’emmener Alpine partout, y compris au travail, ce qui compte beaucoup pour moi : je ne veux pas que mon chien reste seul la journée. Cet engagement me permet aussi de vivre une belle aventure tout en contribuant à l’éducation d’un chiot qui aidera pendant de nombreuses années son futur bénéficiaire.
Anne Cazor : La mission confiée à nos chiots me parle : aider et accompagner une personne en situation de handicap. Y participer, et y faire participer mes enfants, me motive énormément.
Avec quelle structure travaillez-vous, et quel est votre rôle ?
Marie Martin : Nous sommes bénévoles au sein de l’association Handi’chiens. Les familles d’accueil apportent aux chiots les bases de leur éducation, de leurs 2 mois à leur 1 an (voire 1 an et demi). Surtout, elles leur offrent un environnement bienveillant et positif, qui favorise leur épanouissement et leur lien avec l’humain, essentiel pour leurs futures missions.
À quoi ressemble une journée type sur le campus ?
Carole Descheerder : Une journée avec Alpine ressemble à une journée sans elle : l’objectif est qu’elle sache s’adapter à toutes les situations, dont une journée de bureau. Quelques habitudes ont toutefois changé, notamment pendant les pauses, où nous profitons des jardins du campus pour nous défouler et jouer. Alpine m’accompagne partout : au bureau, en réunion, au déjeuner avec l’équipe, et à la chèvrerie, son endroit préféré !
Anne Cazor : Asta partage tout son temps avec moi, au bureau comme aux repas. Seul le laboratoire alimentaire du FoodInn’Lab lui est interdit, pour des raisons d’hygiène. Elle aime venir ici, car elle y retrouve Alpine et Bounty. Avec la forêt proche du campus, nous prenons toujours quinze minutes pour aller nous dépenser.
Quelles règles faut-il respecter pour que la cohabitation se passe bien ?
Marie Martin : La règle la plus importante, et la plus difficile à tenir, est d’ignorer les chiots. Ils sont adorables, et voir des chiens sur le campus n’est pas habituel, alors le premier réflexe est de les caresser. Il est pourtant essentiel de rester à distance, même lorsqu’ils ne portent pas leur cape. Cette règle leur apprend à rester concentrés sur leur personne référente, c’est-à-dire leur famille d’accueil, puis leur futur bénéficiaire.
Que travaillez-vous concrètement au quotidien ?
Marie Martin : Nous travaillons surtout le comportement : rester calme quand il le faut, ne pas sauter sur les gens, ne pas voler ni réclamer de nourriture, apprendre à rester seule. Nous essayons aussi de lui faire découvrir un maximum de lieux et de situations, pour qu’elle soit à l’aise partout où elle accompagnera son futur bénéficiaire. Nous travaillons aussi quelques commandes.
Anne Cazor : Nous faisons découvrir aux chiens le plus possible de lieux, d’environnements et de situations, pour qu’elles s’y sentent en confiance et sereines au moment de la remise à son bénéficiaire.
Quelle image cette démarche donne-t-elle d'AgroParisTech ?
Carole Descheerder : Les chiots suscitent beaucoup de curiosité et de questions. C’est l’occasion de faire connaître l’association et, surtout, d’ouvrir les yeux sur un handicap souvent invisibilisé et de le montrer sous un autre jour. En accueillant les chiots, AgroParisTech et les autres établissements du campus permettent aux familles de leur offrir toutes les conditions nécessaires pour devenir de bons chiens d’assistance. Les journées sur le campus leur apprennent beaucoup. Leur accueil s’est fait très simplement, ce qui n’est malheureusement pas encore le cas partout. Un grand merci pour cela !
Anne Cazor : En nous donnant accès aux locaux avec nos chiots, sans réticence et sans restriction autre que l’hygiène, l’établissement montre son engagement en faveur du handicap et de l’intégration de tous.