Transition agricole : une BD pour la comprendre
22 juin 2026Face aux défis du changement climatique et de la préservation de la biodiversité, l’agriculture est au cœur d’une transformation profonde. Pour rendre ces enjeux accessibles à tous, AgroParisTech a créé une bande dessinée pédagogique. Illustrée par Anne Bernardi, elle explore les solutions concrètes mises en œuvre sur les territoires. Un outil de médiation scientifique destiné aux enseignants, professionnels du secteur agricole, étudiants et citoyens engagés. Rencontre avec Mélanie Lavoignat, chargée de mission sciences et société.
Quelle était l'ambition initiale de ce projet ? À quel besoin répondait-il ?
Mélanie Lavoignat : Le projet est parti d’un constat simple : AgroParisTech a publié sa stratégie recherche, mais comment en parler à un public qui n’est pas issu du milieu académique ? Comment la rendre accessible à des collégiens, des lycéens, de futurs étudiants ou des parties prenantes de nos recherches ? C’est là que l’idée d’une bande dessinée nous a semblé pertinente : un support transgénérationnel, qui permet plusieurs niveaux de lecture entre texte et illustrations, pour ouvrir des fenêtres sur nos travaux de recherche et susciter la curiosité du lecteur.
En quoi cette BD reflète-t-elle les travaux de recherche menés à AgroParisTech ?
Mélanie Lavoignat : La bande dessinée est une adaptation de l’axe « Transitions des systèmes agricoles » de la stratégie recherche. Elle s’appuie sur des entretiens avec des scientifiques et collègues, qui nous ont aidés à identifier les notions scientifiques et thématiques de recherche à mettre en image et en texte. Nous voulions ancrer le scénario dans le quotidien, pour montrer que les recherches menées à AgroParisTech sont directement liées à des questions qui intéressent la société. C’est ce qui donne cette histoire de cinq pages, où l’on suit un groupe de jeunes partis visiter une ferme engagée dans la transition agroécologique.
Pouvez-vous donner un exemple de projet de recherche qui a inspiré certaines scènes de la BD ?
Mélanie Lavoignat : Difficile de n’en citer qu’un seul, tant nous avons cherché à représenter une diversité de sujets de recherche. Je prendrai deux exemples en page 4, qui nous ont permis d’évoquer les interactions entre productions animales et végétales sur un même territoire :
- la cinquième vignette s’inspire directement d’illustrations d’Olivier Ducourtieux (UMR Prodig), qui travaille sur l’agriculture comparée et étudie notamment la riziculture le long du Mékong ;
- la bulle de la troisième vignette renvoie aux travaux de Solène Pissonnier et de son doctorant Valentin Clerget (UMR SADAPT), qui portent sur la mise en œuvre de systèmes culture-élevage intégrés.
Pensez-vous que la vulgarisation scientifique fait partie des missions d'un établissement de recherche ?
Mélanie Lavoignat : Renforcer le lien entre sciences, recherche et société (scolaires, grand public, agriculteurs) est au cœur des missions d’AgroParisTech. Dans un contexte de défiance vis-à-vis des sciences, il est essentiel de montrer comment se fait la recherche, de permettre à la société de s’approprier la démarche scientifique, et d’accompagner le développement de l’esprit critique et d’une compréhension collective des sujets étudiés. Plusieurs leviers existent pour cela : la médiation scientifique, qui diffuse les sciences vers la société, ou les sciences et recherches participatives, qui impliquent la société à différents niveaux. Ces missions sont coordonnées par la direction de la recherche, de l’innovation et du transfert technologique (DRITT), au sein du pôle sciences et société, qui pilote la politique dédiée.
Cette BD pourrait-elle donner lieu à d'autres initiatives de médiation scientifique ?
Mélanie Lavoignat : Cette première bande dessinée permettra de parler de nos recherches lors des accueils de collégiens et lycéens, ou à l’occasion d’événements avec le grand public. Nous travaillons déjà à une deuxième bande dessinée, sur un autre axe de la stratégie recherche. En parallèle, plusieurs actions de médiation scientifique sont déjà engagées, comme la Fête de la science ou le podcast Parlons Sciences, qui met en lumière des travaux de recherche à travers l’interview de scientifiques.