Les suidés au Proche-Orient ancien : de la domestication au tabou

 

Jean-Olivier Gransard-Desmond (Doctorant, EPHE IVe section) : L’utilisation des suidés et l’iconographie proche-orientale du IVe au Ier millénaire av. J.-C.

Aujourd’hui le cochon emplit plus souvent notre assiette et notre estomac qu’il n’occupe notre pensée. Nous le cotoyons pourtant sous d’autres forme quand nous laissons la pièce dans la tirelire en forme de cochon par exemple ou quand nous recourons au remplacement d'une valvule cardiaque. Qu’en était-il dans le Proche-Orient de l’Antiquité ? De quel type de témoignage l’iconographie proche-orientale du sanglier entre le IVe et le Ier millénaire av. J.-C. est-elle le reflet ? Les rapports entre l’homme et les suidés étaient-ils de simple confrontation ou le premier prêtait-il ou second des vertus que nous avons oubliées aujourd’hui ? Ses rapports connaissaient-ils déjà des variations dans le temps et/ou dans l’espace entre la Mésopotamie du IVe millénaire av. J.-C. et celle du Bronze Récent ou la Palestine du IIe millénaire ? Pour le savoir, nous commencerons par effectuer un recensement des ouvrages supportant une représentation porcine par pays et par époque. À partir de cette base, et en prenant pour acquis l’identification de l’animal ainsi que sa distinction sauvage-domestique, nous nous essaierons à une analyse archéologique (contexte et iconographie de l’ouvrage) afin d’établir son usage comme source d’alimentation, de signe social (trophée), moyen de transfert apotropaïque face au danger de la Lamashtu…