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Services d'eau dans les PVDLa nature du service d’eau potable est ambivalente : sa contribution au développement invite à en généraliser l’accès sans restriction alors que la préservation de la ressource en eau et du patrimoine qui le constitue poussent au contraire à assujettir son accès à un prix intégrant le coût d’investissement et d’exploitation de son patrimoine, ainsi que le coût environnemental associé à l’usage de la ressource. Les différentes tentatives qui ont été conduites depuis une trentaine d’années pour contribuer à améliorer l’accès à l’eau dans les PED se sont heurtées à cette ambivalence. Elles ont généralement assujetti l’accès à l’eau distribuée en réseau à son paiement par les populations, reprenant à leur compte le précepte selon lequel « l’eau paie l’eau ». Or, s’il est évident que l’eau contribue au développement, son impact sur ce dernier n’est pas assez rapide pour que les habitants qui accèdent à l’eau potable puissent, dans les mois qui suivent leur raccordement, acquitter des factures établies sur la base d’un recouvrement des coûts complets du service d’eau. Pour améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, il convient donc d’évaluer l’impact d’une telle entreprise sur le niveau de développement des populations visées. Il est alors possible d’estimer le niveau de recettes que le gestionnaire du service peut raisonnablement espérer, compte tenu de l’accroissement du niveau de vie de ses abonnés. Cette mesure d’impact permet de décider d’une stratégie d’extension et d’amélioration de la desserte en eau soucieuse de l’adéquation entre le type de service proposé et la capacité des abonnés à se l’offrir. Plus largement, il convient de s’intéresser à l’impact d’une amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur le développement humain, i.e. le pouvoir d’achat, la santé et l’éducation des populations pour identifier les conditions nécessaires à la conversion de l’amélioration de l’accès aux services de base en développement. Dans cette perspective, le laboratoire GEA a entrepris d’analyser l’impact d’une opération d’extension des réseaux d’eau potable et d’assainissement sur le développement des populations visées à Tétouan au Maroc. L’analyse s’appuie sur le paradigme du développement humain et repose donc sur le concept de capacité. Elle permet de mettre à jour les facteurs qui favorisent ou au contraire contreviennent à faire d’un accès amélioré aux services de base une opportunité de développement. Une étude similaire se déroule sur le terrain rural de Ga-Sekororo, dans la province du Limpopo (Afrique du Sud). Elle interroge les effets sur le développement humain d’une amélioration de l’accès à l’eau pour des usages multiples (domestique et agricole). Cette étude s’inscrit dans le cadre du projet Multiple Uses System du Challenge Program. Enfin trois autres terrains seront prochainement investigués en Afrique du Sud, au Mexique et en Inde, dans le cadre du projet européen (PCRD 6) Antinomos. Personne à contacter : Christelle Pezon Tél. : 04 67 04 71 30 |