Principes généraux de la récolte de la menue paille
1. Qu’est-ce que la menue paille ?
La « menue paille » est composée de débris de paille, des enveloppes qui entourent les graines de céréales et qu’on appelle les « balles », de parties (tiges, graines ...) de mauvaises herbes. Autrefois les agriculteurs la récupéraient après un battage des gerbes de céréales et un vannage, assez coûteux en temps et en main-d’oeuvre. A l’heure actuelle, la menue paille est laissée au sol après la moisson des céréales. Elle est ensuite mélangée à la terre par le labour avant les semis suivants. Suite à cet enfouissement, les graines de mauvaises herbes qu’elle contient germent, ce qui entraîne souvent des traitements herbicides.
2. Les voies de valorisation
La menue paille peut cependant s’avérer utile sous divers aspects. Elle peut en effet être valorisée comme combustible dans une chaudière à biomasse. C’est également un aliment nutritif pour les vaches et les moutons. Elle peut enfin être utilisée comme litière pour les animaux.
3. La récupération de la menue paille
Actuellement, deux méthodes sont envisagées pour récolter la menue paille.
La récupération sur l’andain est plus aisée d’un point de vue logistique. Au lieu d’être dispersée sur les côtés de l’andain, la menue paille est placée dessus par une adaptation de la moissonneuse-batteuse, et pressée avec la paille. Cette technique de récolte mélange la paille avec de la menue paille. Par conséquent, la paille mise en litière contient nécessairement des graines de mauvaises herbes, et le fumier qui en résulte contiendra également ces graines, toujours viables. Il faut alors composter le fumier avant de l’épandre, ce qui détruit les graines.
La récupération à 100% (et de manière séparée) de la menue paille nécessite davantage de main-d’œuvre et de matériel.
Il est possible d’installer un système de réception de la menue paille à la sortie des grilles de la batteuse. Ensuite, soit la menue paille est envoyée dans une remorque qui chemine tout au long de la récolte à côté de la moissonneuse ; soit elle est stockée dans un caisson, qui est vidé régulièrement en bord de champ. La menue paille est alors reprise par une benne pour le pressage ou le stockage. Elle peut dans ce cas être utilisée de manière plus variée.
4. Récupération de la menue paille et impact environnemental
La récupération de la menue paille des cultures céréalières est susceptible d’être intéressante de plusieurs points de vue pour la gestion environnementale d’une exploitation.
Grâce à l’exportation des graines de mauvaises herbes, elle permet a priori de réduire les épandages d’herbicides. Ceci a plusieurs implications :
la réduction de l’impact environnemental (consommation énergétique, production de GES) lié à la fabrication, au transport, et à l’épandage des produits phytosanitaires
la réduction de la contamination des milieux naturels par les herbicides
Par ailleurs, l’exportation des graines de mauvaises herbes rend plus facile le non labour, voire le semis direct, car elle diminue le risque de compétition de la culture avec des adventices. Ceci entraîne les avantages (potentiels) liés au non labour (voir article sur les techniques culturales simplifiées). En outre, la menue paille peut le cas échéant permettre d’économiser les achats d’aliments produits à l’extérieur de l’exploitation, grâce à son incorporation dans la ration alimentaire des animaux. Enfin, si la menue paille est valorisée d’un point de vue énergétique, elle permet de réduire la consommation de l’exploitation en énergie fossile.

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