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L’état des lieux de la biodiversité à Grignon en 2009

lundi 6 juin 2011 par Sophie Carton.

L’état des lieux de la biodiversité à Grignon en 2009

 1. Alouettes, gentilles alouettes !

Cette première année de suivi ornithologique a permis de mettre en évidence l’hétérogénéité de la diversité spécifique globale (toutes espèces confondues) des points d’écoute. Les 15 points d’écoute n’ont donc pas le même degré d’attractivité : le milieu bocager dans le parc semble plus attractif que le milieu de grandes cultures sur le plateau. On note que les milieux annexes ont une influence majeure dans la composition du cortège ornithologique (boisements, ruisseaux, bâti).

Ornithologue de la LPO à Grignon. Par ailleurs les espèces les plus fréquemment contactées sur le site sont pour la plupart généralistes. Parmi ces espèces les plus fréquentes, 2 espèces sont liées aux milieux agricoles (Alouette des champs et Fauvette grisette). Cependant, plus de 75% des espèces ont une fréquence de contact inférieure à 50 %. On peut supposer que cela est dû à la diversité des habitats disponibles sur le site et à la faible étendue de certains habitats sur le site. Ainsi, les espèces d’oiseaux liées à des habitats faiblement étendus sont contactées peu de fois. 1/3 des espèces des milieux agricoles contactées figurent parmi les espèces nicheuses peu commune dans la région. 50% des espèces des milieux agricoles contactées sont en déclin en France. Une espèce est menacée de disparition (Linotte mélodieuse) et 2 sont quasi menacées en France (Fauvette grisette, Bruant proyer).

La poursuite du suivi et la comparaison des résultats de Grignon avec d’autres résultats obtenus dans le territoire environnant pourraient permettre d’évaluer les causes et la pérennité de la présence de ces espèces sur l’exploitation.

 2. Des papillons qui aiment les prairies et la luzerne !

Papillon Demi-Deuil observé à Grignon. Onze taxons différents (genres ou espèces) ont été identifiés sur l’ensemble des transects parcourus dans l’exploitation. Cinq des taxons observés ont pour plante hôte des plantes liées au milieu agricole. Ainsi, les Hespérides Roux tachetés, les Mégères, les Fadets et les Demi-Deuil pondent leurs œufs sur des graminées prairiales. Les Soucis et les Lycènes bleus pondent dans les Fabacées, notamment la luzerne. Mis à part l’Hespéride Roux, ces taxons ont également été observés entre des parcelles en céréales sur le plateau. Il apparaît donc pour l’instant que la plupart des taxons observés à Grignon ne sont pas strictement inféodés à un milieu ou un autre.

Parmi les taxons observés, l’Hespéride Roux tacheté est une espèce protégée en Ile-de-France. A l’occasion des séances de suivi, elle a été observée une seule fois, sur une prairie permanente dans le Parc. Les observations futures devraient nous permettre de savoir si cette espèce est véritablement inféodée au milieu prairial à Grignon.

Nous ne pouvons pas à l’heure actuelle formuler d’hypothèses fortes concernant le lien entre les pratiques agricoles et les populations de papillons. Nous pouvons simplement constater la richesse relative de la biodiversité des transects situés dans les cultures pluriannuelles (luzerne, prairies, miscanthus) par rapport au maïs et aux céréales. Par ailleurs, les populations de papillons situées dans le parc semblent plus abondantes que sur le plateau. Or le parc est particulièrement riche en habitats non strictement agricoles (domaine forestier, bâtiments, cours d’eau …). On pourra à l’avenir essayer d’évaluer l’influence de ces éléments sur la biodiversité du parc.

 3. Quelques fleurs rares à suivre de près !

Suivi de la flore par Jean-Pierre Henry et une étudiante. Au vu des premières analyses, la flore des chemins apparaît comme un mélange de cortèges d’espèces de signification écologique variée (adventices culturales, espèces prairiales, espèces de pelouses calcaires semi-naturelles, espèces nitrophiles anthropiques...) mais avec aussi des espèces qui apparaissent comme assez spécifiques de ces milieux : il semble qu’on puisse d’ores et déjà affirmer que certaines espèces sont strictement inféodées aux bords des chemins, du moins dans le territoire considéré, et donc que leur conservation passe par une attention portée à ces habitats ; on peut mentionner notamment Falcaria vulgaris, espèce protégée régionale (et pas du tout « vulgaire » dans le Bassin parisien, malgré son nom), ainsi que Bromus arvensis, une messicole considérée comme rare, presque disparue aujourd’hui des cultures, pour laquelle les bords de chemins apparaissent comme un refuge. L’espèce Fumaria vaillantii représente un cas analogue. Les bordures des chemins ruraux constituent donc un habitat abritant une flore pour partie originale, et méritant certainement attention.

Il apparaît aussi au vu des premières analyses que les bords de chemins sur le domaine représentent un ensemble hétérogène, avec des disparités sensibles entre bordures en termes de richesse et de composition spécifique. Il est cependant difficile, en l’état actuel, de cerner les causes de ces disparités. L’histoire de chaque bordure en termes de perturbations du sol, fauches et traitements herbicides, etc., joue probablement un rôle important, mais les opérations réalisées sur ces bordures par l’exploitant des parcelles adjacentes ou par d’autres acteurs ne sont pratiquement jamais enregistrées. Les perturbations n’ont pas forcément un rôle négatif, en limitant notamment la dominance de quelques espèces sociales comme certaines graminées. Néanmoins l’impact réel reste à apprécier.










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