Diagnostics réalisés et résultats
Les outils de diagnostic appliqués à la ferme ont permis de repérer les postes les plus impactants en terme de consommation d’énergie et d’effet de serre sur la ferme.
Les diagnostics Energie et Effet de serre dont les résultats sont présentés ci-dessous ont été réalisés en 2006 avec l’outil Planète(TM) et le Tableau de Bord GE+ et sur des données de 2005. Ils ont permis d’obtenir une vision globale des émissions de gaz à effet de serre et des consommations d’énergies fossiles sur la Ferme de Grignon en 2005.
1. Le diagnostic énergie
La consommation totale d’énergies fossiles estimée sur la Ferme de Grignon était de 17 164 000 MJ en 2005 et répartie sur les différents ateliers de la ferme comme l’indique le schéma ci-dessous :

Par ailleurs, concernant les usages strictement agricoles, quatre principaux postes de consommations d’énergies fossiles ressortent clairement (voir l’illustration ci-dessous) :
Achat d’engrais et amendements (surtout les engrais minéraux azotés)
Consommation de fioul dans les machines agricoles
Achats d’aliments pour le bétail
Consommation d’électricité

2. Le diagnostic effet de serre
Les émissions de gaz à effet de serre par les activités de la ferme en 2005 ont été estimées à 2627 tonnes équivalent CO2. Les émissions sont imputées aux différents ateliers de la ferme comme l’indique le schéma ci-dessous :
Les activités de la ferme génèrent 3 types de gaz à effet de serre : le protoxyde d’azote (N2O), le méthane (CH4) et le dioxyde de carbone (CO2). La part de chaque gaz dans la contribution de la ferme au réchauffement climatique (pouvoir de réchauffement global) est décrite par le schéma suivant :

Concernant les activités strictement agricoles de la ferme, les 5 principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre sont, par ordre d’importance décroissant :
Les émissions de CH4 par les bovins
Le dégagement de N2O suite aux apports d’engrais
Les émissions de CH4 des ovins
La fabrication des engrais
La consommation de fioul des machines agricoles

A noter que les résultats de ce diagnostic sont propres à la ferme de Grignon, et ne peuvent pas être généralisés à l’ensemble des exploitations de polyculture élevage de France. La pollution des différents ateliers de production et leur part dans la pollution totale de l’exploitation varient en effet dans les exploitations de polyculture élevage selon la taille de l’atelier, les itinéraires techniques, le contexte climatique, géographique, etc.
3. Le diagnostic environnemental plus global
Afin de compléter l’analyse de l’impact énergétique et climatique de la ferme, nous avons réalisé un diagnostic environnemental global (Dialecte) et des diagnostics environnementaux liés à l’utilisation de produits phytosanitaires et d’intrants nitratés.
Un première hiérarchisation des risques environnementaux liés aux usages agricoles de la ferme, réalisée par le diagnostic Dialecte, indique qu’il existe des risques élevés concernant :
la durée de la pâture
la charge en UGB (Unité Gros Bovin) / hectare
La proportion de légumineuses dans la SAU (Surface Agricole Utile)
Il existe un risque moyen concernant :
La proportion de prairies de plus de 2 ans
La proportion d’azote organique apporté par rapport à la proportion d’azote total apporté
La proportion de surface recevant de la matière organique
Le bilan azoté
Les surfaces traitées en pesticides
Un bilan des pratiques en place en terme de manipulation, d’application et de gestion des produits phytosanitaires a également été réalisé par les méthodes Aquasite et Aqualéa d’Arvalis. Les risques de pollution ponctuelles ont été jugées globalement faibles sur l’exploitation. Les bâtiments de l’exploitation ne sont pas situés dans un bassin surveillé et ils ne sont pas à proximité d’habitations.
Un bilan des risques de pollutions diffuses par les nitrates a également été effectué par la méthode Aqualéa. Le risque d’avoir une concentration en nitrates élevée dans les eaux de drainage pour l’ensemble de l’exploitation est faible sur lorsque le niveau des lames drainantes est faible, ce qui fut le cas en 2003/2004 et 2004/2005 par exemple. En cas d’hiver pluvieux ou de sols superficiels, le risque de lixiviation est plus fort.
Ces différents diagnostics ont pointé du doigt les ateliers les plus problématiques pour leur contribution à l’effet de serre ou leur consommation d’énergie particulièrement importante. A partir de ce constat, nous avons pu chercher les leviers d’amélioration pour chacun de ces ateliers. Par ailleurs, les diagnostics ont permis de définir un point de référence, ou point 0, à partir duquel nous avons commencé notre suivi de l’impact environnemental des activités de l’exploitation agricole au fil du temps. Ce suivi permet d’examiner si les transformations réalisées génèrent une amélioration de la performance environnementale de l’exploitation, et d’en apprécier l’amplitude le cas échéant.

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