Le miscanthus

jeudi 31 mai 2007 par Frederic Guibout , Sophie Carton

 I. Carte d’identité

Appelé aussi roseau de chine ou herbe à éléphant, Miscanthus sinensis est une poaceae dont la majorité des clones sont issus de M.sinensis spp giganteus qui est stérile. Il n’y a donc pas de propagation par des semences, difficilement contrôlable. Le Miscanthus s’adapte à tout type de sol mais préfère ceux riches en humus. Ses exigences thermiques sont peu élevées et il croît bien avec une température moyenne annuelle de 8°C. La plante est cependant sensible aux basses températures lors du démarrage (comme les gelées de printemps). Ses besoins en eau sont de l’ordre de 750 à 800 mm par an. Le Miscanthus est sensible au stress hydrique de Juin à Septembre.

 II. Conduite de culture

I.1 La plantation

On repique les tiges souterraines (rhizomes) obtenues par la technique du micro-bouturage ou par la division grâce à une planteuse semi-automatique 2 ou 4 rangs (comme celle des pépinières), ou, à défaut, une planteuse à choux ou à pommes de terre. La densité de plantation préconisée est de : 10.000 à 20.000 plants/ha (selon le type de destination respectivement broyage ou multiplication). Les distances à respecter sont :

  • 1m sur la ligne * 1m sur l’interligne
  • 1,2m ………….* 0,8m…………….

Les premières levées se sont observées environ 3 semaines après l’implantation.

I.2 Le désherbage

Pendant les deux premières années, la maîtrise des adventices (surtout Panic Sétaire Digitaire) est primordiale compte tenu des faibles densités de plantation et des faibles vitesses de croissance aérienne. On effectue donc un désherbage mécanique ou avec une herse étrille.

I.3 La fertilisation

Celle-ci dépend du type d’exploitation (récolte en automne ou hiver). On estime cependant que pour un rendement moyen de 20 tonnes de MS/ha et une récolte au début de l’hiver il faut :

    • 90 kg de N, 20 kg de P2O5, 145kg de K2O (3°)

Selon, Stéphane Cadoux, ingénieur à l’INRA d’Estrées-Mons, il faut appliquer 100 unités d’azote pour obtenir un rendement de 25 tonnes de MS. Les mécanismes de translocation / remobilisation des éléments dans le rhizomes sont importants (30mg d’N/g de MS en juillet et 5 mg d’N/g de MS en février). (8°)

I.4 Récolte

Elle a lieu entre fin Octobre et mi-Mai. A noter que les pieds ne versent pas en cas de neige ou de tempête. A cette époque, le principal problème est la portance du matériel de récolte. En général, la récolte se fait après l’hiver pour maximiser la teneur en MS.

Deux méthodes sont proposées :
-  Fauchage et hachage avec une ensileuse type maïs, produisant des chips de 11 à 44 mm, de densité 95 à 70 kg/m3 et avec un débit de chantier de 1h/ha (taux de perte entre 10 à 30%). Le produit récolté contient environ 15% d’humidité, ce qui en fait un bon combustible d’où une commercialisation facilitée (9°).
-  Fauchage et bottelage avec un débit de chantier de 2 ha/h et un taux de perte de 10 à 30%. Là aussi, la faible densité du produit (140kg/m3 avec un round baller, 300kg/m3 avec un compact roller), pose un certain problème de logistique mais cela engendre un coût supplémentaire (environ 23€/m3) (9°) Un projet de transformation du Miscanthus en pellets réalisé en Allemagne s’est traduit par un échec car le procédé est coûteux et long. La solution la plus intéressante est encore de granuler le broyat lui donnant ainsi une densité de 650 à 700 kg/m3. Sous cette forme, il est facilement commercialisable auprès des particuliers, entreprises et collectivités.

 III. Bilan

II.1 Avantages

    • Adaptation au milieu
    • Production récoltable= 15 à 20tMS/ha
    • Faibles besoin en intrants
    • Choix de la période de récolte
    • Impact sur l’environnement

II.2 Inconvénients

    • Intervention pas toujours évidente
    • Matériel spécifique de récolte (ensileuse)
    • Conditions de récolte
    • Stockage difficile à cause de la siccité
    • Espèce non indigène : convaincre différents acteurs (agriculteurs, environnementalistes…)
    • Peut devenir une adventice sur la parcelle : difficile à détruire

 IV. Sources

1°) Visite de la station Arvalis-institut du végétal de Toulouse. Mars 2007

2°) Henri Roy. Le miscanthus, une culture sans entretien. 2007. N° : 3179. Page 28.

3°) ADEME et Arvalis-Institut du végétal. Etude AGRICE. Fiche technique. 1998. http://www.ademe.fr/htdocs/publicat... (consulté le 10/03/2007)

4°) Novhetic. Veille énergétique. Efficacité énergétique : le miscanthus, combustible biomasse prometteur. Mis en ligne le 18/08/2006. http://www.mediaterre.org. (consulté le 03/04/2007)



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