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Surtout ne pas manquer le moindre symptôme

Le blog de Herve This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]
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Parmi les phrases qui figurent sur les murs de notre laboratoire, il y a celle-ci : "Surtout ne pas manquer le moindre symptôme".
Le symptôme ? C’est un terme médical, et certains ne le comprennent pas, dans le contexte des sciences de la nature, de sorte qu’il faut commencer par l’expliquer. Un symptôme, en médecine, c’est une manifestation pathologique qui permet au médecin de remonter aux causes de la maladie, parfois à partir d’un signe limité. Par exemple, dans le temps, les médecins goûtaient les urines, et une saveur sucrée leur indiquait un diabète. La médecine cherche les causes des maladies à partir des symptômes. Les diagnostics se font à partir des symptômes.
En sciences de la nature ? Commençons par quelque chose de simple : le calcul, puisque c’est souvent là que nos jeunes amis ont des difficultés. Il y a de nombreux symptômes, telle l’erreur de calcul, l’absence de documentation, qui fait que le calcul est incompréhensible par les autres, et par soi-même.
L’erreur de calcul ? Les professeurs savent parfaitement que les élèves se trompent le plus souvent de la même façon. Se tromper, c’est un symptôme. Or la maladie la plus fréquente, c’est que les signes utilisés pour les calculs -lettres, chiffres ou symboles- sont trop souvent mal calligraphiés, ce qui conduit à des confusions. Ici, je dois ajouter que j’ai un jour vu le cahier de laboratoire de Pierre Gilles de Gennes, prix Nobel de physique, et que j’ai été ébloui de voir à quel point il était parfaitement calligraphié : mieux même que je ne le fais quand je fais des efforts. Il faut donc penser que Pierre-Gilles de Gennes écrivait très lentement, de sorte qu’il prenait son temps pour penser à ce à quoi il écrivait, pour éviter les erreurs, sans compter que, comme ses calculs étaient parfaitement calligraphiés, le risque de confusion n’existait pas.
Voilà un exemple, mais la pratique scientifique montreplus généralement que nous aurions raison de nous focaliser sur nos erreurs, car bien souvent elles se répètent, nous bégayons en quelque sorte, et nous ne pouvons espérer nous améliorer sans une analyse particulièrement fine des symptômes, assortie évidemment de corrections de nos méthodes fautives.

Puisque ma mémoire est fraîche à ce sujet je veux faire état ici d’un cas récent d’un étudiant qui faisait des erreurs de calcul : le principal symptôme était qu’il mélangeait les chiffres et les lettres, le symbolique et le numérique. C’est une mauvaise méthode.
Pis, il utilisait ce logiciel minable qu’est Excel (ou ses avatars, fussent-ils libres) : c’est un logiciel complètement inapproprié pour le calcul scientifique, car on ne voit que des cellules avec des nombres, et non pas des équations, qui sont le calcul formel que nous devons faire. Excel mélange les chiffres et les lettres, fait apparaître des signes tels que A12, B4, qui n’ont rien à voir avec le calcul que l’on fait, et impose des symboles qui n’ont pas de sens. Il ne permet pas de documenter correctement les calculs… et je propose de ne jamais l’utiliser en sciences de la nature, où il nous faut des logiciels de calcul formel, qui mettront à profit les capacités de calcul que nous avons obtenues par l’entraînement lors de nos études.
Bref, dans un tel cas, le symptôme était manifeste, évident, et la solution corrective était facile à trouver, à condition que l’on analyse les causes de l’erreeur.
Ce qui est amusant dans cette affaire, c’est que l’acceuil de stagiaires, depuis quelques décennies, révèle que les fautes sont toujours les mêmes. Il y aurait donc lieu de s’interroger sur l’enseignement qui est donné à nos jeunes amis, et il y a surtout lieu de conduire chacun à bien analyser les symptômes.
D’ailleurrs, dans les emails que nous échangeons le soir, dans notre groupe de recherche, il y a un tableau avec une ligne intitulée « symptômes », et il est... symptomatique de voir que ce sont ceux qui font le plus d’erreurs qui ne voient pas comment remplir cette ligne. Pourtant, ce n’est pas toujours une question de volonté, de travail, de soin, d’attention, mais sans doute une espèce de fragilité intellectuelle qui ne permet pas de remettre en question des méthodes ou connaissances qui ont été difficilement obtenues. On aura lieu de conseiller de bien méditer cette phrase : ce n’est pas parce que quelque chose est difficile, que nous n’arivons pas à le faire, mais parce que nous n’avons pas tenté de le faire qu’elle est difficile.
Finalement on voit qu’il s’agit bien de se soigner, mais de se soigner en sciences de la nature. Si nous avons des gestes maladroits, c’est parce que nous n’y pensons pas assez. Si nous faisons des erreurs de calcul, c’est que nous n’avons pas la bonne méthode. Si nous pensons faux, c’est parce que nous ne procédons pas rationnellement, lentement, logiquement, et ainsi de suite. La vie étant compliquée, la science étannt difficile (vita brevis ars longa), je crois qu’il est mieux de faciliter les possibilités d’amélioration de chacun en se focalisant sur les symptômes, afin d’éviter la repétition des mêmes erreurs, encore et encore.

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