English Flag Deutsche Fahne Bandera española Bandeira brasileira Chinese flag

AgroParisTech

Le Vivant, notre vocation

Partager cette page imprimante Facebook Twitter

Politique agri-environnementale de préservation de la biodiversité

Objectifs

La dégradation et la fragmentation des habitats naturels sont la première cause d’érosion de la biodiversité dans le monde. Des travaux ont été menés dans l’UMR Économie publique sur les incitations pour préserver les habitats d’espèces menacées sur les terres agricoles. Comment inciter les exploitants agricoles à adopter des pratiques et usages des sols respectueux de la biodiversité ? Á quel niveau rémunérer leurs efforts alors qu’on ne connaît pas toujours les coûts exacts de leur conversion à de bonnes pratiques ? Ces questions ont été abordées en apportant une attention particulière au fait, largement reconnu en écologie mais encore très peu étudié par les économistes, que non seulement la surface de l’habitat préservé mais également sa configuration spatiale influencent l’impact sur la biodiversité. Les travaux relatés ici portent sur les politiques agri-environnementales adéquates pour prendre en compte à la fois ces préoccupations spatiales et les problèmes d’information sur les coûts de la préservation.

Méthodologie

Afin de traiter ces questions, plusieurs instruments de politique publique ont été comparés, visant à préserver un certain nombre d’hectares de prairies avec une configuration spatiale donnée. Les prairies représentent en effet un habitat naturel privilégié pour de nombreuses espèces. Plusieurs dispositions spatiales ont été envisagées, en fonction des espèces considérées. Un modèle économique (modèle Outopie) de simulation du comportement des exploitants agricoles a été utilisé. L’hypothèse est que les exploitants maximisent leur marge brute face à différentes contraintes techniques et réglementaires. En collaboration avec des écologues du CNRS-Chizé, le modèle employé a été appliqué à une zone d’étude en Plaine de Niort (Poitou-Charentes) sur un site Natura 2000 où se trouvent des exploitations de céréaliers et d’éleveurs. Une des espèces d’intérêt sur cette zone est l’outarde canepetière (Tetrax tetrax), oiseau en voie de disparition au niveau national et mondial, et devenu emblématique. Le modèle Outopie permet de déterminer, en fonction des mesures de politique publique appliquées, l’usage des sols et les pratiques que choisirait chaque agriculteur, et donc de générer un « paysage » schématisé, auquel on associe un indicateur spatial. Un des indicateurs spatiaux retenu est le Ripley qui permet de tester si les prairies sont réparties de manière aléatoire dans la zone, ce qui correspond aux besoins de l’outarde canepetière. D’autres indicateurs, permettant d’éviter une fragmentation de l’habitat, sont en cours d’étude. Les instruments testés sont une subvention par hectare de prairie, un mécanisme d’enchère pour allouer des contrats de conservation des prairies, un système de malus d’agglomération. Les critères de comparaison de ces instruments sont : (i) le coût total de la politique (total des compensations financières versées) pour atteindre un pourcentage donné de la zone en prairie (efficience économique) et (ii) la capacité à atteindre la disposition spatiale souhaitée, mesurée par l’indicateur spatial (efficacité spatiale).

Résultats

Á travers le mécanisme d’enchère, les exploitants agricoles sont mis en concurrence ce qui permet d’attribuer les contrats de conservation au plus méritant, c’est-à-dire à l’agriculteur demandant la compensation financière minimale par hectare de prairie. Dans notre cas, cet instrument permet d’atteindre le même pourcentage de la zone en prairie que la subvention, tout en réduisant les coûts presque de moitié. Le malus d’agglomération consiste en une subvention à l’hectare de prairie dont le montant est réduit lorsque la parcelle convertie à la prairie est adjacente à une prairie déjà existante (on souhaite ici éviter l’agrégation car le maintien d’une population d’outarde canepetière nécessite plusieurs sites d’habitat dispersés). Ce malus d’agglomération permet d’atteindre la configuration spatiale souhaitée au même niveau de coûts que la subvention. Pour conclure, l’enchère est toujours plus souhaitable que la subvention du fait d’une efficience économique améliorée alors que le malus est plus souhaitable que la subvention du fait d’une meilleure disposition spatiale de l’habitat. On ne peut conclure sur la comparaison entre l’enchère et le malus car il faudrait pour cela pondérer le critère de l’efficience économique et de l’efficacité spatiale.

Article de référence
Bamière L., David M., Vermont B., 2013. Agri-environmental policies for biodiversity when the spatial pattern of the reserve matters. Ecological Economics, 85 : 97-104.

AgroParisTech
16 rue Claude Bernard
F-75231 Paris Cedex 05
Tel: 33 (0) 1 44 08 18 43
Fax: 33 (0) 1 44 08 16 00
Localiser sur une carte

Se connecter
Intranet
Bureau virtuel
Annuaire, listes de diffusion
Cours en ligne AgroParisTech
Eduroam

Liens divers
Espace grand public
Actualités
Relations presse
Téléchargements
Adresses & plan d'accès
Contacts

Se repérer sur le site internet
Plan du site internet
Index des pages

Retrouvez nous sur
facebook ico twitter ico youtube ico daylimotion ico Suivre la vie du site


Logo Universite Paris Saclay Logo du Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche Logo de ParisTech Logo de Agreenium


2007-2017 © AgroParisTech - Mentions légales