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La mousse au chocolat, et le "chocolat chantilly"

Le blog de Hervé This : http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html->http://www.agroparistech.fr/1-A-propos-de-ce-blog.html]

De nombreuses personnes m’interrogent sur la "mousse au chocolat", sans doute parce que mon nom est associé à une invention que j’avais faite en 1995, à savoir le "chocolat chantilly", lequel n’est pas une mousse "au" chocolat, mais une mousse "de" chocolat.
Expliquons... en utilisant un système utile : le "formalisme des systèmes dispersés", ou DSF (l’acronyme de "disperse systems formalism").
Pour cette description, c’est tout simple : il considérer que les matières sont faites de gaz (G), de liquides (L), de solides (S), et que les phases sont organisées les unes par rapport aux autres. Par exemple, une mousse de savon, ou un blanc d’oeuf battu en neige) est faite de bulles de gaz (l’air, G) dispersées dans un liquide (l’eau savonneuse, le blanc d’oeuf). Pour décrire une dispersion "aléatoire" (au hasard) des bulles, on utilise un symbole qui est "/". Ajoutons, aussi, que les liquides peuvent être des solutions aqueuses (jus de fruit, bouillon, thé, café, vin...), ce que l’on note W (pour water, en anglais), ou des matières grasses liquides (huile, chocolat fondu, fromage fondu...). Pour décrire une mousse de blanc en neige, on notera donc G/W.
# De même, un gel de gélatine est fait d’un liquide (une solution aqueuse) dispersées dans un réseau solide : leas protéines de la gélatine forment une sorte d’architecture qui inclut l’eau. Toutefois, ici, l’eau n’est pas sous la forme de gouttes isolées, mais forme une phase liquide, interpénétrée avec le réseau solide, d’où l’usage d’un autre symbole : x.

Tout d’abord, la mousse au chocolat classique

Ayant vu un début de formalisme, revenons à la mousse au chocolat, et, tout d’abord, à une recette classique.
Pour faire une mousse au chocolat, on commence par fondre du chocolat... lequel est principalement fait de cristaux de sucre (très petits, solides) dispersés dans une matière grasse, liquide quand le chocolat est fondu. Eventuellement (mais ce n’est pas obligatoire), on ajoute du beurre ou du jaune d’oeuf, mais cela ne change pas grand chose : le chocolat fondu est décrit par S/O, où S représente les cristaux de sucre, et O la matière grasse liquide.
Puis, à part, on bat des blancs d’oeufs en neige, et l’on fait donc une mousse : G/W.
Ayant ces deux matières, on ajoute le chocolat fondu à la mousse, et l’on obtient donc une mousse "au" chocolat.

Ensuite, le chocolat chantilly

Tout le monde faisait ainsi des mousses au chocolat, jusqu’à ce que, en 1995, j’invente le "chocolat chantilly". De quoi s’agit-il ?
En 1995, donc, j’ai analysé la fabrication de la crème fouettée, laquelle est obtenue par foisonnement (on bat) de la crème (on verra qu’il n’y a pas de crème dans le chocolat chantilly) . La crème est obtenue à partir du lait, lequel est une "émulsion", parce que des gouttelettes de matière grasse sont dispersées dans de l’eau ; la formule est donc O/W.
Quand on laisse le lait reposer, les gouttes de matière grasse viennent flotter en surface, ce qui fait la crème, et la crème est donc une émulsion concentrée : encore O/W.
Puis, si l’on bat, on introduit des bulles d’air, de sorte que l’on obtient (G+O)/W. Mais, comme on fait cela à froid, une partie de la graisse fige, et forme un réseau qui stabilise la crème fouettée. Terminons en signalant que la différence entre crème fouettée et crème chantilly tient seulement à la présence de sucre dans la crème chantilly : le sucre se dissout dans l’eau de l’émulsion.
Mon idée a été de généraliser le procédé : d’une émulsion, on passe à une émulsion foisonnée qui est "figée" par le froid. Comment cela fonctionne-t-il ?
Partons d’une casserole, où nous mettons 200 g d’eau : W. Puis déposons dans la casserole un morceau de chocolat (250 grammes), puis chauffons : le chocolat fond, et libère les cristaux de sucre, qui viennent se dissoudre dans l’eau, tandis que la matière grasse vient s’ "émulsionner" : des gouttes de matière grasse se dispersent dans l’eau sucrée.
Si l’on fouette, on voit que le fouet pousse des bulles d’air dans l’émulsion, de sorte que l’on obtient le système (G+O)/W... mais on voit bien que les bulles d’air remontent à la surface, ne sont pas bien piégées dans l’émulsion. En revanche, si l’on pose la casserole sur des glaçons, la matière grasse liquide solidifie, cristallise, et les bulles sont piégées... et l’on obtient une mousse "de" chocolat : c’est cela, le chocolat chantilly !
Bref, il n’est pas nécessaire d’oeuf pour faire une mousse chocolatée (je n’utilise ni "de", ni "au"). C’est même un gâchis, du point de de l’économie familiale. Et puis, si l’on est gourmand, pensons que l’eau utilisée peut être thé, infusion de menthe, jus d’orange, vin...

Et une question

Tout cela étant posé, venons en finalement à une question reçue ce matin d’une élève de Première S, qui fait un "travail personnel encadré" (TPE) :

Bonjour Monsieur, je me permets de vous contacter pour des questions à propos de la mousse au chocolat pour notre tpe.
Est ce que vous pourriez m’indiquer où se passe l’émulsion dans la mousse au chocolat, à quel moment ? Auriez vous une explication scientifique à me donner quand le chocolat fond au bain marie, ce qui se passe au niveau moléculaire par exemple. Que se passe-t-il quand nous mélangeons le chocolat avec les blancs en neige ? Je détaille chaque étape de la mousse au chocolat au niveau moléculaire mais je bloque.

Je suppose que notre jeune amie s’intéressait plutôt au chocolat chantilly plutôt qu’ à la mousse au chocolat. A quel moment se fait l’émulsion ? Je l’ai indiqué : quand le chocolat fond dans l’eau.
Que se passe-t-il au niveau moléculaire quand on fond du chocolat, au bain-marie ? Dans le chocolat, la matière grasse est sous la forme de cristaux, avec les molécules empilées régulièrement les unes sur les autres. Les molécules ? Ce sont majoritairement des "triglycérides", des molécules analogues à des "peignes à trois dents". Le manche du peigne, c’est trois atomes de carbone ; les dents sont des "résidus d’acides gras" (et non pas des acides gras), avec principalement des atomes de carbone attachés en une chaîne, avec des atomes d’hydrogène liés aux atomes de carbone. La chaleur, c’est de l’agitation des molécules : les molécules qui étaient tranquillement empilées se détachent, et vont flotter dans le liquide, sans rester associées.
Que se passe-t-il quand on mélange du chocolat fondu avec des blancs en neige ? Cette fois, notre jeune amie ne discute plus le chocolat chantilly, mais la mousse au chocolat. D’un côté, une graisse liquide (comme l’huile) et, d’autre part, une mousse. En pratique, la mousse vient dans la matière grasse liquide, et l’on a des "blocs" de mousse dans la graisse liquide. Au refroidissement, la matière grasse du chocolat recristallise... et les blocs de mousse sont piégés.

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