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Enseigner ou apprendre ? Apprendre !

Je me repens amèrement, car je viens encore de voir une erreur terrible que j’avais faite, et à propos de cette activité essentielle qu’est l’enseignement.

Ceux qui me lisent se souviennent que, il y a quelques années, passionné par la difficile et importante question de l’enseignement (il y a la carrière de jeunes amis en jeu), j’avais proposé une réflexion : je partais d’ "attendus", et j’en tirai des conséquences, d’où j’avais extrait des propositions de rénovation de l’enseignement supérieur (mais la réflexion dépassait ce cadre).

Or si l’enseignement semble consister à enseigner, c’est aux étudiants seulement qu’il revient d’apprendre. Et c’est donc le comportement de ces derniers qui doit être considéré, plus que l’activité des enseignants. Il faut plutôt se placer du point de vue d’un étudiant qui veut apprendre, et je dis bien « qui veut », car on comprend évidemment d’un étudiant qui ne veut pas apprendre n’apprendra pas.
Bref, j’avais tout faux ! La question n’est pas que les enseignants enseignent : elle est que les étudiants apprennent. Bien sûr, il y a des relations entre apprentissage et enseignement, mais on peut aussi imaginer qu’il n’y en ait pas, que les étudiants obtiennent seuls les connaissances et compétences qui donnent accès aux diplômes. Ne serait-ce pas encore mieux ? Ne devrions-nous pas considérer comme "supérieurs" de tels étudiants, autonomes, soucieux d’épargner l’argent public que l’on dépense en salaires, immobilisations et consommables ?
Passons sur ce détail : ce qui demeure, c’est que la question n’est pas enseigner, mais apprendre !

Reprenons donc doucement : l’objectif commun, aux étudiants et aux enseignants, c’est que les étudiants apprennent, c’est-à-dire qu’ils obtiennent des connaissances et des compétences. Mieux, connaissances et compétences doivent être durables, et il faut s’étonner que nombre d’étudiants n’aient qu’un vague souvenir de ce qu’ils ont appris les années précédentes (car c’est un fait que beaucoup d’étudiants ont vu passer des notions, et ont bien oublié de quoi il s’agissait). Cela étant, avant de considérer la question de la mémorisation des connaissances, il faut poser la question de quoi apprendre et pourquoi ? Puis, seulement après, la question de comment apprendre ce que l’on veut apprendre. Quoi apprendre ? L’immensité des connaissances et compétences possible doit conduire à faire un choix, et ce choix semble devoir être déterminé par l’objectif de l’apprentissage : si l’on apprend, c’est en vue d’utiliser ces connaissances et compétences pour une activité ultérieure.
Rares sont ceux qui ont la possibilité d’apprendre pour le simple plaisir de savoir, et a contrario la plupart d’entre nous apprenons pour mettre en œuvre nos connaissances et compétences. Les mettre en œuvre, cela signifie en clair les mettre en œuvre dans le cadre d’activités professionnelles. Or qui dit activité professionnelles, dit aussi efficacité. Si nous apprenons, c’est pour être capable d’exercer une profession, et l’exercer bien. Ici, je me reprends, et je dirais volontiers que nous serions heureux de l’exercer mieux : pas nécessairement par rapport à d’autres, mais par rapport à nous-mêmes, car si nous avons le choix entre effectuer une tâche et l’effectuer mieux, je fais l’hypothèse que nous choisirons la seconde option.
En conséquence, nous devons apprendre le mieux, c’est-à-dire que nous devons choisir le plus abouti parmi les connaissances disponibles. Souvent, ce plus abouti est le plus récent, car, en sciences au moins, le fonctionnement de l’activité consiste à perfectionner les théories précédentes, de sorte que les théories les plus récentes sont les plus perfectionnées, les plus abouties. De ce fait, pour ce qui concerne les connaissances, nous devons viser les toutes dernières publications, leur compréhension. Voici donc un objectif clair : être capable de bien connaître les dernières publications scientifiques, de les comprendre, être en mesure de mettre en œuvre les connaissances qui s’y trouvent. Dans ces publications, il y des informations, des notions et des concepts, des méthodes, de sorte que l’étudiant semble devoir comprendre les notions et concepts, et savoir mettre en œuvre les méthodes. Dans un champ donné, la question devient de savoir s’il ne serait pas bon de partir d’une publication récente importante, et de revenir en en arrière jusqu’à ce que l’on atteigne les connaissances de l’état initial avant de remonter vers l’état final.
À quoi servirait alors l’enseignant ? L’expérience prouve que l’étudiant risque de passer beaucoup de temps à chercher des informations pertinentes, justes, claires, pour effectuer le cheminement (« cours », cursus en latin, signifie "chemin") qui lui incombe. L’enseignant peut être un guide utile. Cette idée doit être croisée avec le fait que les "classes", les promotions, les groupes d’étudiants, sont le plus souvent composés d’individus ayant des objectifs disparates. Même dans les écoles d’ingénieurs qui, selon leur nom, devraient former des ingénieurs, il y a ceux qui veulent être ingénieurs , mais il y a aussi ceux qui veulent faire de la recherche scientifique, ceux qui veulent faire de l’administration, voire du commerce. De ce fait, on arrive à cette conclusion que le cours comme un chemin unique pour tous est un mauvais système. Et que le chemin de chacun doit être conçu individuellement, ce qui exclut évidement la pratique actuelle où un cours commun est donné à tous.
Peut-on alors imaginer des cours donnés individuellement ? C’est impossible, vu les nombres respectifs d’enseignants et d’étudiants, mais c’est surtout inutile : n’avions-nous pas conclu que les enseignants devaient moins faire cours que guider les étudiants individuellement ? Si l’enseignant est là pour donner des indications, pour guider seulement, alors il y a peut être une possibilité. Déchargés des cours, les enseignants peuvent alors leur compétence et leur temps au service du simple guidage. On entrevoit ainsi un travail des enseignants bien différent de celui d’aujourd’hui, où beaucoup de temps est consacré à produire des cours "originaux" (je mets des guillemets, parce que, vu ce que l’on trouve sur internet, il n’est pas certain que l’originalité soit très grande). Ne serait-il pas plus judicieux que les enseignants repèrent les segments de cours les plus mieux faits, pour en indiquer l’existence aux étudiants qui pourront ensuite passer du temps à travailler ces éléments ? L’enseignement serait alors plutôt un tutorat, et non pas d’un tutorat où les enseignants feraient des cours particuliers, mais plutôt un tutorat où les enseignants dirigeraient vers des segments bien faits, selon l’objectif individuel des étudiants. . Cette proposition est-elle envisageable en pratique ? Considérons un enseignant qui travaille 1700 heures par an. Supposons que l’établissement accueille trois groupe de 300 étudiants, soit environ 1000 étudiants. Cela signifie qu’un enseignant peut consacrer 1,7 heure par étudiant et par an s’il fait seulement de l’enseignement, soit 0,5 minute par jour. C’est peu, mais si dix enseignants s’occupent de tout le groupe, cela fait 5 minutes par étudiant et par jour, ce qui devient mieux, puisqu’il ne s’agit plus de faire cours, mais seulement de guider. Et, avec 20 enseignants, il y 10 minutes pour guider, ce qui donne plus d’air. Rationnelle, la méthode ne doit-elle pas s’imposer ?

Un commentaire reçu d’un collègue d’AgroParisTech :
Tes suggestions sont judicieuses, et c’est, à un degré moindre, à peu près ce que nous faisons, nous autres enseignants de biologie végétale. Nous avons très peu d’heures de cours, et nous avons choisi de leur montrer un minuscule aspect de cette biologie, de préférence une découverte récente et spectaculaire, obtenue grâce à de nouvelles techniques.
C’est un choix qui peut choquer, car nous ne délivrons pas un savoir encyclopédique, juste un éclairage visant à donner l’enthousiasme pour notre thématique, le goût d’aller plus loin pour certains. Et cela marche pour ceux que les plantes intéressent, ils viennent alors nous voir, et nous avons ce rôle de tuteur que tu préconises. Pour les autres, cela ne sert à rien, mais le plus souvent ils ne reviendront pas vers la biologie, quelle qu’elle soit.
Il reste un petit nombre qui n’ont pas forcément vu l’intérêt de notre discipline et qui se retrouvent en stage ou ailleurs, à devoir ré-ingurgiter très rapidement les connaissances de base sur la physiologie des plantes. C’est ainsi qu’il m’est arrivé bien des fois de faire un cours particulier par téléphone à un ou une étudiant(e) qui avait tout oublié ou presque. Mais ils sont capables de comprendre vite et de retrouver les infos nécessaires. Donc, oui, le tutorat, c’est sûrement le meilleur système.

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